e-Construction : Mon cyber-journal perso

"L'intelligence c'est d'apprendre de ses erreurs, la sagesse c'est d'apprendre de celles des autres..."


en flag Read it in english with google

Je me suis (re)posé cette question en lisant les propos de notre Président, Mr Bouteflika, lors de sa visite à Tlemcen, concernant l'orientation des étudiants universitaires.
Mr le Président souhaite "une orientation davantage portée sur les sciences technologiques en phase avec les besoins de la société et du developpement", et d'ajouter "il n'est point question de tabler sur les sciences humaines puisque l'étudiant qui fournit d'intenses efforts tout au long de sa formation universitaire ne trouve pas de débouchés susceptibles de lui garantir le minimum" !!!
Alors, comme c'est des extraits seulement, en plus rapportés par des journalistes (formation sciences humaines ? :)), je ne vais pas m'attarder sur la cohérence de l'argumentaire concernant les débouchés après l'université, parceque le problème des débouchés est commun à toutes les filières (certes quelqu'unes ont plus de chance d'essayer une aventure à l'étrangé).

Ce qui m'interpelle vraiment c'est cette idée que le developpement passe nécessairement et PRIORITAIREMENT par la formations d'ingénieurs et de techniciens, comme si que notre problème est "technique". Je citerais ici Bruce Schneier "If you think technology can solve your security problems, then you don't understand the problems and you don't understand the technology.", ce qu'on peut traduire par : "Si vous pensez que la technologie peut résoudre vos problèmes de sécurité, alors vous n'avez rien compris à vos problème et vous n'avez rien compris à la technologie"

Moi, je suis de formation ingénieur (et fier de l'être), mais j'ai l'intime conviction que ceux qui devront et vont apporter le changement et le developpement ne sont pas du tout de "simples" ingénieurs. Un de nos plus gros problèmes est le manque de volonté politique réelle couplé à un déficit chronique de vrais leaders et managers. La "foule" ne pourra jamais amorcer le changement (si vous n'êtes pas d'accord, trouvez moi un seul exemple dans l'histoire de l'humanité !!). Le changement est toujours le resultat des actions d'une élite...suivie après par cette "foule"...même ceux qui n'étaient pas d'accord au début :). Maintenant, cette élite là, est elle un groupement d'ingénieurs ... même de haut rang ? Non, je ne croix pas !!! Cette élite doit être plus imprégnée de la politique, de l'histoire, de la sociologie, du management, de l'administration....etc, peut-être un peu de l'economie...mais pas nécessairement des maths, de la physique ou même des nouvelles technologies. Ca n'emêpche, qu'avoir des ingénieur de formation, reconvertis dans ces domaines est un avantage précieux. Ils y apporteront leur raisonnement cartésien et leur rigueur scientifique.

Maintenant, est-ce que nos écoles et nos universités "produisent" ce genre d'élite ? Malheureusement non...du moins pas assez !! Il suffit de voir comment se fait l'orientation entre le CEM et le Lycée pour voir à quoi s'attendre des promotions de sciences humaines ! Bien sûr, comme partout ailleur, il y a des exceptions. La solution alors, amha, est de reformer l'enseignement pour avoir cette élite...capable de mener le changement et d'amorcer un vrai developpement.

Je donnerais comme exemple la dernière nomination de Rod Beckstrom à la tête du National Cyber Security Center qui fait partie du US Department of Homeland Security

.

6 commentaires

  1. amarsoft  

    wallah, t'as raison 1000 fois.

    quand on entend un prof dire: "je suis pas a jour des nouvelle version" et que sa dernière mise a jour, date 3 ans le minimum.

    et quand on voit une université comme babez développe son site avec le CMS joomla, et le site yimshi binif7a.

    et quand on ne trouve pas le mot libre dans nos universités.

    je ne sais pas ou on va aller avec cette politique.

  2. amarsoft  

    la phrase de Bruce Schneier, je ne l'ai pas bien compris mais il a raison.

    Un de nos plus gros problèmes est le manque de volonté politique réelle couplé à un déficit chronique de vrais leaders et managers.

    oui c vrai, mais si le tous le peuple n'a pas de volonté comment faire?

  3. Salah  

    Pour la citation de Bruce Schneier, ça veut dire que généralement le problème est de nature manageriale que technique. Quand j'ai un problème de sécurité dans mon réseau par exemple, le fait de mettre un firewall ou un IDS ne va pas regler le problème tout d'un coup. Il faut tout d'abord bein "penser" notre approche de la sécurité d'une façon globale avant de s'attaquer aux implémentations techniques, qui ne sont en faite que l'application de cette approche.

    Pour la volonté du "peuple", je pense qu'une volonté "commune" ne pourra jamais exister. Mais dès qu'une élite a la volonté, et arrive, pas seulement à convaincre (c'est passif) mais aussi à entrainer avec elle (actif) les grandes masses...là il y aura changement..surement

  4. ButterflyOfFire  

    Bonjour à tous,

    Salut Secdz ou dois-je t'appeler Salah :)

    Je suis entièrement en accord avec ton analyse et c'est très rare de trouver des idées écrites de nos "soit disant" bien pensants sur le net.

    J'agrée aux idées que tu as fait avancer dans ton billet même si le but n'est pas de mettre tout le monde d'accord. Chacun peut avoir un vision différente des choses et ça c'est clair pour tout monde :)

    Le mot "Stratégie" avec un grand "S" nous ne le connaissons maleureusement pas en Algérie. Si stratégies existent et bien ça doit être surement des mesurettes et bricolages et non pas de vraies stratégies rationnelles mais pas ... ces mêmes stratégies doivent être viables à long terme !

    Il ne faut jamais abandonner les initiatives personnelles malgré que la foule ne suit pas et malgré le manque de moyens et j'en passe d'autres facteurs.

    Tu sais si je rentre dans ce sujet, j'écrirai 4 pages :) donc je m'arrête là et je termine avec "il faut bouger, il est temps de bouger". N'attends jamais que quelqu'un d'autre te dis : "Herrrr" tel que nous le disons en Kabyle :)

    J'aimais bien les paroles de Soeul Emanuelle, elle disait, lexpression que j'aime le plus c'est : "Yallah" et bien pour faire avancer les choses, il faut commencer et yallah :)

    Merci encore pour ton billet Secdz :)

    Salutations amicales

  5. Salah  

    Merci Athmane :)

    "il faut bouger, il est temps de bouger"
    C'est exactement ça, c'est ce qui nous manque. Mais soyons réaliste, ce n'est pas la "masse" qui va bouger toute seule...elle a besoin de leader...l'élite, qui n'est pas encore là / à la hauteur.

    "Tu sais si je rentre dans ce sujet, j'écrirai 4 pages :) donc je m'arrête là"

    Non, ne t'arrête pas...ecrit un billet sur ton blog, ça sera utile !

  6. nasser  

    salam lel djamii !

    je vois que les bons esprits se rencontrent, j'avais abordé ce sujet sur mon blog ( forcément une autre vision ) mais le fin mot de cette histoire, plutot la petite phrase de notre président à Tlemcen, tu l'a dit ya si salah :

    "il n'ya pas de volonté politique"

    quand tu a dit ca, tout le reste est.... litterature ( ha ha, meme les anciennes expressions adorent fakhamateh notre président !! )
    notre vrai drame, c'est la durée du cauchemard, trop trop long, je me rappelle encore en 1994 lors des massacres au Rwanda, au meme moment du debut des notres d'ailleurs, vu l'ampleur du genocide rwandais, en conversation avec des amis etrangers, j'ai eu cette amere replique : les Rwandais au moins se font massacrer en masse,ca ne risque pas de durer longtemps, alors qu'avec le drame que nous vivons en algerie, nous risquons d'etre "genocidé" lentement et à petit feu, je ne visais pas seulement les morts et les blessés, mais surtout l'algerie et les algeriens en tant que peuple et nation !

Enregistrer un commentaire

Inscription à : Publier les commentaires (Atom)